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08/07/2013







 

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" Elle avait toujours été dépressive. Dépressive mais incapable de savoir quoi faire. Elle m'énervait à toujours vouloir se faire plaindre. J'ai pris la place de son destin. Un complice. Un con poursuivit par la police. Je ne peux vous mentir, je ne peux vous faire connaitre la vérité. Pour cause, tout est flou. Même elle ne la savait pas.
Elle adorait l'eau, la mer. Elle courait le long de la plage, heureuse. Et la voir comme cela, me rendait heureux. Pourtant je la haïssait. Elle était associable, dépressive, suicidaire, morbide, sans vie. A croire qu'elle aimait la mort. Elle s'entaillait les veines, elle se brûlait la peau. Elle mourait lentement, faisant durer le plaisir.
  N'insinuez pas que c'est ma faute, ou bien que je l'ai voulu. C'est elle, elle seule qui  le suppliait."



 P R E VE N U S

01/09/2013


 
 
Chapitre Un: De toute façon, on crèveras tous un jour ou l'autre.
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Après s'être regardée une énième fois dans son miroir, elle s'adressa un sourire faussement enjoué. Personne n'y croyait, même pas elle. Elle tira ses manches longues jusqu'à ses poignets et sortit des toilettes publiques sales. Sa jupe à carreaux écossais  allait de droite à gauche quand elle marchait. Ses Doc Marteens, qu'elle adorait, semblaient lourdes. Lourdes comme le poids sur son coeur. Elle traversa la route en prenant le passage pour piétons. Une brise fraîche se fit sentir. Le printemps était encore frais à cette époque. Elle ferma sa veste en jean délavée, pensant que cela la protégerait. Elle n'aimait pas passer dans la ville, bien qu'elle y habitait. Elle se sentais épiée, elle pensait que tous les regards se tournaient vers elle. Elle le pensait tellement fort qu'elle en devenait parano. Pourtant personne ici ne la regardait. Tout le monde savait qui elle était. Tout le monde savait qu'elle s'appelait Frances Baker. Ceux qui étaient ici depuis bien longtemps la connaissait depuis qu'elle était toute petite. Elle avait maintenant dix-huit ans et elle fuyait le monde entier. Sans aucune raison. 
Frances rentra dans un bar, assez aisée vu la décoration qu'il détenait. Elle alla jusqu'au bar, s'asseyant sur un des tabourets au rembourrage douillet.
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- Mark est-il dans ses bureaux ? demanda-t-elle sèchement.
- Oui, mademoiselle Baker, répondit le barman avec un verre à la main.
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Elle le remercia et se dirigea dans les bureaux du prénommé Mark. Elle entra sans frapper, claqua la porte et regarda Mark dans les yeux
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- Papa, j'ai besoin d'argent.
- Je t'en ai donné le mois passé, répondit-il.
- Cinq cent dollars, tu crois que c'est assez ? Je vis dans un appart qui tombe en ruine, qui me coûte mon salaire entier ! Alors cinq cents dollars c'est pas assez ! 
- J'ai du mal pour m'en sortir moi même.
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Là, c'était trop pour elle. Lui qui payait l'hôtel à ses petites chiennes qu'il baisait à chaque fois. Il osait dire qu'il n'avait pas assez. Son père n'avait jamais été très présent dans son éducation. Ni dans celle de son frère aîné. Lui était le chouchou, celui que l'on avait désiré. Elle, n'était que celle qui était arrivé par hasard. Celle dont on se serait passé. Frances avait réussis à passer au dessus de ça. Elle en était devenu plus forte.
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- J'irais demander à Jacob, c'est bon, souffla-t-elle.
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Il vivait dans une immense villa. Son père subvenait à ses besoins. Il n'avait pas besoin de travailler, il vivait comme un roi. Devant sa télévision dernière génération, il grignotait du pop-corn et buvait du champagne. Oui, il avait ce luxe là, il ne buvait presque que du champagne. Et un champagne prestigieux de préférence. Il aimait sa vie de rêve. On sonna à sa porte. Il se leva, éteignant l'écran et se leva. Il pestait après celui, ou bien celle qui l'avait dérangé. Il ouvra et vit sa soeur, Frances. Serrant la mâchoire il marmonna des paroles qu'elle connaissait bien. Il la laissa entrer et lui offrit un verre d'eau. Non, il n'était pas radin, c'est juste qu'il détestait sa soeur du plus profond de son âme. Elle se plaignait beaucoup et souvent. Cela l'énervait et l'exaspérait. Ils ne savaient pas grand chose au sujet de l'un et de l'autre. Il savait qu'elle vivait seule. Et elle savait qu'il ne l'aimait pas.
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- Bon, tu te doutes pourquoi je suis ici, commença-t-elle, j'ai besoin d'argent.
- J'en ai pas, lui assura-t-il
- Avec tout ce que te passes papa ? On voit bien que tu es son fils.
- J'en ai pas, articula-t-il plus froidement.
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Elle marmonna un "ok". Elle s'abstenu de dire ce qu'elle pensait. Elle savait qu'elle allait se faire remballer encore une fois. Il la regarda froidement, elle compris aussitôt. Il était temps pour elle de partir. Et c'est ce qu'elle fut. Elle allait se débrouiller avec ces mille-deux-cents-vingts dollards par mois. De toute façon c'est ce qu'elle faisait chaque mois, car son frère ni son père ne l'aimait. Elle était seule au monde.
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Elle avait rejoint les rats dans son appartement. Les murs tombaient petit à petit, le parquet grinçait et elle, s'infligea un de ces supplices qui la soulageait. Elle prit une fourchette, ses dents métalliques jouaient avec sa peau. Elle les faisait courir le long de son bras, déjà assez meurtris par son addiction. Elle prit un briquet, chauffa l'autre extrémité de l'objet. Une fois qu'il fut assez chaud, elle le posa délicatement dans une partie de sa peau non maltraitée. Laissant agir la chaleur, ses épaules se relâchèrent, suivies  de tous ses autres membres et muscles. Elle pencha la tête en arrière, appréciant cette chaleur douce et maternelle. Et elle recommença encore une fois, puis deux et ainsi de suite. Se croyant à l'abri des regards
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Mais ce qu'elle ne savait pas, c'était que lui l'observait tout les soirs.

La vie de Frances Baker allait bientôt changer, grâce à LUI